Performance énergétique du reconditionné : idée reçue et réalité d’usage
Souvent, on imagine que seul le neuf permet de bénéficier des appareils les plus performants (classe énergétique A, etc). Mais cet argument demande à être remis en perspective.
- Pour un usage équivalent, un lave-linge reconditionné de 5 à 8 ans, bien réparé, risque-t-il vraiment de consommer beaucoup plus qu’un modèle neuf ?
- Peut-on compenser un éventuel écart de performance par une meilleure gestion de l’usage (cycles éco, chargement adapté…), ou une plus grande durabilité ?
Les chiffres montrent que l’impact de la fabrication et du transport d’un appareil neuf représente souvent plus de 50 % de son impact total sur le cycle de vie (source : Ademe, 2022, Guide « L’électroménager : impact environnemental et leviers d’action »).
En cumulant l’ensemble des phases (fabrication, distribution, usage et fin de vie), prolonger la durée d’utilisation grâce au reconditionné réduit l’empreinte globale… à condition de ne pas sacrifier la performance énergétique de façon trop importante.
Comparaison concrète : réfrigérateur neuf classe A vs reconditionné classe D
- Un réfrigérateur neuf, classe A, consomme environ 100 kWh/an pour un volume de 250 l.
- Un modèle reconditionné, classe D (à partir de 2017), consommera plutôt 150 kWh/an.
Soit un écart de 50 kWh/an, soit environ 9 € sur la base du tarif réglementé de l’électricité de juin 2024.
Cet écart, sur 5 ans, représente 45 € et 250 kWh.
Mais il permet d’éviter la fabrication d’un appareil neuf, dont l’impact en énergie grise (celle “cachée” dans la fabrication) est bien supérieur à la surconsommation annuelle du modèle d’occasion.
Pour s’assurer d’avancer dans la cohérence écologique, il faut toutefois regarder :
- si la classe énergétique du reconditionné n’est pas trop ancienne ;
- si l’appareil est bien contrôlé pour éviter les dysfonctionnements (le moteur d’un vieux frigo, mal testé, peut consommer bien plus qu’annoncé).
Là encore, le sérieux du reconditionneur est déterminant.